Aurevoir l'Albanie, un si joli pays!

 La seconde partie de la découverte de l'Albanie aura été orientée vers la découverte de la montagne, de ses canyons et de sa campagne :  

La plus belle partie (à notre avis).

Mardi 29 Mars : Après la capitale, nous reprenons la route vers la côte pour avoir plus de douceur et d'autre part le réseau routier n'est pas très développé, la grande route existante n'est que celle de la côte !

Nous arrivons a Kavajë, sous les arbres au bord de la plage. Charly chausse ses rollers pour faire son apprentissage auprès des filles. Moi, j'en profite pour prendre des nouvelles de mes amies car la connexion est favorable.

Mercredi 30 mars : Nous arrivons au parc national de Karavasta pour faire une randonnée à la recherche des pélicans. Stationné devant la maison du parc, nous sommes accueillis  par 5 à 6 chiens errants qui nous aboyaient dessus. Nous nous empressons d'aller chercher un bâton (que nous avons gardé à l'entrée de pachy). Aucun ne recevra de coup, mais nous qui adorons les chiens, je peux vous dire qu'ils sont impressionnants, mieux vaut se méfier.


Les chiens errants

Partout ou nous sommes allés en Albanie, il y a des chiens errants.  L'Albanie manque de moyens financiers pour fournir des soins vétérinaires à ces chiens, qu'on aurait bien envie d'adoptés.

Déjà, le système de santé pour la population n'est pas des plus développé et 1/3 de la population n'a pas de sécurité sociale, alors imaginer bien que soigner les chiens est secondaires.  Il n’y a presque pas de vétérinaires pour les animaux de compagnie, et une absence totale de règlementation concernant ces animaux, de même que des sociétés protectrices des animaux. Il est courant de voir des chiens morts sur le côté de la route. Bref, faut avoir le cœur accroché. 

Nous faisons connaissance avec Xhoni (Johnny) , qui reste là pour accueillir les visiteurs. Johnny est né en 2016, recueilli pour soigner son aile casser, il a élu domicile à l'entrée du parc et s'est refusé à la vie sauvage. Il est impressionnant.

Johnny

Nous sortons les vélos pour aller explorer la lagune et se rendre au site où nous aurions peut être la chance d'apercevoir les pélicans. Nous pédalons jusqu’à une magnifique infrastructure albanaise : un superbe pont de troncs d'arbres qui nous permettait d'apercevoir l'eau en dessous mais surtout de nous questionner si ces bouts de bois qui s'assouplissaient sous nos pas allaient supporter notre passage. La réponse est oui !

 Nous traversons victorieusement. Nous tentons de faire face à un second obstacle de taille : le moustique. A 18h, ils étaient si nombreux, qu'ouvrir les yeux étaient difficile. 

 

Nous faisons 1/2 tour et fuyons l'ennemi, vaincu !

 

 

Nous trouvons un spot de nuit, au pied d'un monastère avec une autre petite fourgonnette blanche, des français : Pauline et Antoine, voyageurs depuis 9 mois.
Le lendemain midi, nous partageons  nos truites grillées au barbecue autour de discussions et de jeux de société. 

 

 

 

 

 




 
Jeudi 31 et Vendredi 1er Avril : Bérat 

Stationné dans le jardin sous les oliviers d'un restaurant, nous faisons de nouveau la rencontre d'une famille française avec qui nous partagerons la suite de l'Albanie. 

Classé au patrimoine mondial de l'Unesco, on sent déjà une ambiance apaisante à Bérat.


Nous démarrons par le château ou seul 25 familles y vivent. Bérat était situé sur la Via Egnatia, une voie romaine qui relie la mer Adriatique à Byzance, l'ancienne Istanbul. Sa forteresse, c'est l'histoire d'un siège entre le roi de Sicile, Charles d'Angers et les troupes byzantines. Jusqu'en 1281, pendant un an, les byzantins tiennent sa tête. La défaite met fin à l'invasion terrestre de l'empire Byzantin par l'Occident. 

L'église orthodoxe de Bérat

Nous retournons découvrir la ville le lendemain avec la famille française après un diner des plus copieux arrosé de raki dès l'entrée. Les albanais ont vraiment à coeur de faire plaisir, ils ont même offert une pizza aux filles après le diner. 

Un Albanais arrive avec une magnifique monture dans l'enceinte du château. Bien-sur les filles, vont le voir, celui-ci leur propose de monter. Elles font donc un tour sur son 1/2 pur sang arabe qui en impose. Bien-sur, il nous tend la main : 200 leks! hi hi malin l'Albanais.
La ville aux 1000 fenêtres

Nous descendons de la forteresse jusqu'à la ville par un petit chemin de randonnée qui nous donne une vue sur la ville aux 1000 fenêtres avec un passage devant une minuscule église orthodoxe qu'un Albanais s'était octroyé le droit de nous faire payer la visite ! Malin l'Albanais. Beaucoup se trouve des petits jobs, pour améliorer leur conditions de vie, car il fait savoir que le salaire moyen d'un Albanais est de 350 euros, cependant depuis que nous y sommes le prix du diesel est quasi identique à celui de la France.


Samedi 2 avril : 

J'avais repéré sur un blog de magnifiques gorges avec la possibilité de rejoindre les sources d'eaux chaudes de Permët. Près de 2h de routes à faire chauffer le moteur et user des freins nous ont permit d'atteindre les gorges de la rivière d'Osum sous une  pluie battante. Sur cette petite route, les gens transportent leur marchandises sur le dos des chevaux. Nous nous sentons dans une autre époque. 

Il pleut très fort, les creux se remplissent de boue, nous croisons des troupeaux de moutons et leurs bergers. Beaucoup vivent de leur animaux qu'ils restent à surveiller toute la journée, c'est ce qu'ils ont de plus précieux.


Poisson d'Avril : Je fais une petite blague via whatsap à nos partenaires de routes en leur disant que nous étions bloqués par une coulée de boue ! Bien-sur toutes les conditions étaient réunies pour qu'ils y croient !!

Nous profitons d'une éclaircie, pour découvrir les gorges via une petite randonnée au plus près du canyon, en se collant aux falaises. Nous dormons sur un spot, à la dalle solide de peur de rester enlisés étant donné les chutes d'eau torrentielles qui tombaient, le sommeil en fut perturbé. 



Nous pensions poursuivre jusqu'à Permët, seulement c'était une piste !!Il a fallu faire  chemin inverse par la route jonchée de pierres qui continuaient de tomber de la montagne lors de notre passage. Serions nous dans un jeu vidéo ??

Les deux camping car se suivaient, essuie-glaces à fond, nous prions en silence qu'aucunes pierres n'atterrissent sur notre véhicule. Devant nous, Guillaume s'arrêtaient de temps à autre, pour retirer les grosses pierres qui empêchaient notre passage. Direction la côte, avec des routes plus praticables !

 

Parc National de Llogara

Pour descendre dans le sud, pas d'autre choix que de passer par le parc National de Llogara, ou nous retrouvons la neige !



Peu avant de passer au-dessus des nuages !

Nous ressortons les sous pulls, bonnets, écharpes, pour faire une randonnée pour avoir une vue saisissante des côtes et un magnifique panorama de la côte de Dhermï. De retour de randonnée nous descendons vers la côte en tendant de plus en plus l'oreille vers le bruit de frottement sur la roue avant droite à chaque freinage....

https://www.voyagealbanie.com/guide-albanie/attraction/llogara-national-park

Lundi 4 avril 

 Au prochain village, on s’arrête Guillaume et Charly démontent la roue, diagnostic vite posé : nous roulons sur le disque de frein, pourtant le chek-up du véhicule et le contrôle technique était validé avant notre départ...on a donc pas comprit !Un petit papi qui vendait quelques oranges m'indique un garage a 3kms de là, seulement en bas de la montagne. Nous vidons l'eau de la cuve pour diminuer au maximum la charge, les filles et moi montons dans le camping-car de l'autre famille et Charly fit la descente seul en première à l'aide du frein à moteur.

Le petit garage accepte de nous recevoir, mais il n'avait pas de plaquettes.

Un ami du garagiste d'une trentaine d'années me propose de monter avec lui pour se rendre à un autre garage dans l'espoir de trouver notre bonheur. Je met ma ceinture (par instinct et  vu l'état de sa fourgonnette ) mais tout de suite me dit que ce n'est pas la peine ! Je lui dis : "the orders are not the same here !".

Nous enclenchons alors une discussion en Anglais sur nos deux pays respectifs : les lois, les différences...

Arrivés au garage, nous attendons la propriétaire pendant 20 minutes, nous poursuivons notre échange. Je lui dis que les Albanais sont vraiment des gens chaleureux et généreux. Il me dit qu'ils sont comme ça, solidaires car ils n'ont pas d'autres choix...cependant il me dit "politique : "sheet", contrairement à la France ou nous avons un bon régime politique. Je lui dis qu'avant de venir en Albanie, je n'avais pas connaissance de toute leur histoire avec la dictature. Avec beaucoup d'émotions, il me dit que ses parents ont beaucoup souffert durant cette période. En France, nous avons la chance d'avoir du travail et que lui ne rêve que d'une chose voir le monde, aller en Europe pour tenter sa chance. Je n'avais pas de mots, je pose comme ils le font très souvent la main sur mon coeur. 

Bon, elle n'a pas réussi à trouver le bon jeu de plaquettes, il dit que ce sera pour demain, que nous devrons attendre. De retour au garage, le propriétaire et le jeune haussent le ton entre eux. Ils veulent à tout prix que l'on reparte ce soir pour nous rendre service. Ils se démènent, passe des coups de fil et fit venir un jeu de plaquettes depuis Vlorë par un bus à 2 heures d'ici. Elles arriveront à 18h ! A 19h, nous repartons en remerciant très chaleureusement ce super garagiste consciencieux.
 
 
 
 
 
 
Nous retrouverons Lise et Guillaume, nos copains de route du Monténégro.

En arrivant au spot, on découvre l'entrée du bunker privée pour le sous-marin du dictateur Enver Hoxha



 

Mardi 5 Avril : Dernier jour en Albanie








Je voulais visiter Butrint avant de quitter le pays. Nous n'avons vu que sa forteresse vénititienne (car il fallait prendre le bac pour se rendre de l'autre coté de la ville). Engloutie sous une végétation abondante, ce n’est qu’en 1928 que Butrint fut découverte et fouillée par l’archéologue italien Ugolini. La cité est pourtant bien connue depuis longtemps par les sources antiques. Au VIe siècle av. J-C, elle est mentionnée par le géographe Hécatée de Milet comme un grand port maritime. Six siècles plus tard, le poète romain, Virgile, dans son Enéide, raconte que son héros Enée aurait séjourné à Butrint

Ville importante à l’époque antique, Butrint a deux histoires: une histoire mythologique et une histoire archéologique. 

Selon la légende, la cité aurait été fondée par des Troyens fuyant la guerre de Troie. 

A leur arrivée sur les côtes de l’Epire, pour honorer les Dieux, ils sacrifient un bœuf (c'est peut-etre pour ça que les bergers mettaient leurs vaches dans la magnifique forteresse😁) qui, seulement blessé, continua à courir jusqu’à tomber mort sur la presqu’ile de Butrint. Voyant ici un bon augure, les Troyens décidèrent de bâtir la cité Buthrotum, « le bœuf blessé ». 

L’histoire archéologique est évidemment tout autre. Occupé, depuis l’Age du Bronze par différentes tribus, le site prit de l’importance au VIe siècle av. J-C, lorsqu’il devint un centre cultuel avec l’édification d’un temple dédié à Asclépios (Esculape), le Dieu de la médecine. Au IVe siècle av. J-C, Butrint devint un centre administratif de la tribu des Chaoniens et se dote alors d’une agora regroupant les institutions politiques et religieuses. C’est de cette époque que date le théâtre.

 

Voilà on se sépare dans une épicerie de nos derniers billets de leks et nous passons tranquilllement la petite frontière, sans même montrer nos pass sanitaires ! 

Au revoir l'Albanie !

Voici un ptit récap des mots de ce que chacun d'entre nous a retenu de son passage en Albanie : 

Charly : Gentillesse / beauté des paysages /déchets par milliers / gentils chiens errants

Aude : la chaleur humaine / bunkers/ déchets / përshendetje (=Bonjour)

Paula : animaux en liberté/ déchets / retour 50 ans en arrière / verdure

Luce :  Déchets / monter sur le cheval à Bérat / chiens errants / la conduite atypique

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